L’arrivée de Final Fantasy VII Remake Intergrade sur la toute nouvelle Nintendo Switch 2 est bien plus qu’un simple portage tardif ; c’est une véritable déclaration d’intention de la part de Square Enix et de Nintendo. Sorti initialement en 2020 sur PlayStation 4, puis sublimé sur PS5 et PC, le premier volet de la trilogie Remake s’est longtemps fait désirer par la communauté « Nintendophile ». En ce début d’année 2026, l’attente prend fin de la manière la plus spectaculaire qui soit. Ce titre, qui retrace l’évasion spectaculaire de Cloud Strife et du groupe éco-terroriste Avalanche hors de la métropole dystopique de Midgar, a été le fer de lance de la démonstration technique de la Switch 2 lors de son annonce. Aujourd’hui, manette en main, force est de constater que le pari est tenu, mais arrêtons de vous faire languir et plongeons nous dans notre test complet, les amis !

Scénario
Le scénario de ce remake est un chef-d’œuvre de réécriture qui parvient à respecter l’œuvre originale de 1997 tout en y injectant une profondeur narrative moderne et surprenante. Pour ceux qui l’auraient oublié, l’histoire se concentre intégralement sur la portion « Midgar » du jeu initial, mais elle l’étend de manière vertigineuse pour en faire une aventure de plus de quarante heures. On y suit Cloud Strife, un ancien membre du corps d’élite SOLDIER devenu mercenaire, qui s’engage auprès d’Avalanche pour faire sauter des réacteurs Mako, l’énergie vitale de la planète que la méga-corporation Shinra puise sans relâche. Ce qui frappe dans cette version Intergrade, c’est la finesse avec laquelle les personnages secondaires comme Jessie, Biggs et Wedge sont développés, passant de simples figurants à des compagnons de route auxquels on s’attache sincèrement. La narration ne se contente pas de suivre les rails du passé ; elle introduit les « Fileurs », des entités mystérieuses qui veillent au respect du destin, créant ainsi une méta-narration fascinante qui questionne la notion même de « Remake ». Le joueur est constamment balancé entre la nostalgie pure et l’incertitude totale quant à la suite des événements.
L’ajout du DLC INTERmission est ici un bonus de poids : il nous permet d’incarner Yuffie Kisaragi, une ninja facétieuse de Wutai, dont l’intrigue parallèle apporte un éclairage indispensable sur les manigances de la Shinra dans les secteurs inférieurs. Sa dynamique avec son partenaire Sonon est touchante et offre une pause bienvenue à l’ambiance parfois lourde du récit principal. Sur Switch 2, l’immersion reste totale grâce à une mise en scène cinématographique qui n’a rien perdu de sa superbe. Les dialogues sont d’une justesse rare, portés par un doublage français et anglais de haute volée. On redécouvre avec plaisir les ruelles sombres du Secteur 7, l’opulence décadente du Wall Market et la froideur clinique de la Tour Shinra. Le jeu parvient à rendre la ville de Midgar vivante, palpable, presque organique. Chaque chapitre est une leçon de rythme, alternant entre moments d’introspection poignants et séquences d’action épiques qui ne laissent aucun répit. En 2026, cette histoire résonne plus que jamais avec nos préoccupations écologiques et sociales actuelles, faisant de Final Fantasy VII Remake une œuvre intemporelle dont on ne se lasse pas d’analyser les moindres nuances scénaristiques.

Gameplay
Côté gameplay, ce portage sur Switch 2 ne fait aucune concession et conserve l’ingénieux système de combat hybride qui a fait le succès du titre. On navigue avec une fluidité déconcertante entre l’action en temps réel et la pause tactique offerte par la jauge ATB (Active Time Battle). Cette mécanique permet de ralentir le temps pour choisir ses sorts, ses capacités ou ses objets, offrant une profondeur stratégique qui manque souvent aux Action-RPG contemporains. Chaque personnage possède un style de jeu radicalement différent : Cloud est un combattant polyvalent au corps-à-corps, Barret excelle à distance avec son bras-canon, Tifa est une virtuose des combos rapides et de la montée de barre de choc, tandis qu’Aerith se spécialise dans la magie dévastatrice. La Switch 2 gère parfaitement les transitions entre ces personnages, et les nouvelles fonctionnalités de la console, notamment les vibrations HD améliorées, apportent un retour sensoriel très satisfaisant lors des parades et des coups critiques. L’une des grandes nouveautés de cette édition 2026 est l’intégration du système Streamlined Progression. Ce mode optionnel est une bénédiction pour ceux qui veulent se concentrer sur l’histoire ou pour les testeurs pressés : il permet d’activer des « boosters » tels que les HP/MP infinis, une jauge de Limit Break toujours pleine ou encore des dégâts fixés à 9999. Si cela peut paraître sacrilège pour les puristes, c’est un ajout bienvenu qui s’inscrit dans la philosophie de Nintendo de rendre le jeu accessible à tous.
En revanche, pour ceux qui cherchent le défi, le mode Difficile débloqué après la première partie reste un modèle d’équilibrage exigeant. Le système de Materia, cœur du développement des personnages, est toujours aussi addictif : on passe des heures dans les menus à optimiser nos combinaisons pour exploiter les faiblesses élémentaires des boss colossaux. L’épisode de Yuffie introduit également des mécaniques de synergie inédites avec Sonon, préfigurant ce que l’on a pu voir plus tard dans Rebirth. La navigation dans les environnements, bien que linéaire par moments, est ponctuée de mini-jeux iconiques et de quêtes annexes qui, sur l’écran de la Switch 2, se prêtent parfaitement à de courtes sessions de jeu. La réactivité des commandes est exemplaire, sans aucun input lag notable, que l’on joue en mode portable ou avec le nouveau Pro Controller 2. C’est un pur régal de retrouver ce système de combat si nerveux et gratifiant, qui n’a pas pris une ride en six ans.

Graphismes
Venons-en au point le plus attendu : la technique. Comment la Switch 2 s’en sort-elle face aux standards visuels de la PS5 ? La réponse est : de manière étonnamment solide. Grâce à l’architecture « Ampere » de son GPU et au support du DLSS 3.5, le jeu parvient à afficher une image d’une netteté impressionnante. En mode docké, Final Fantasy VII Remake Intergrade tourne dans une résolution dynamique ciblant le 2K (1440p) avec une fluidité de 60 images par seconde la plupart du temps. Les textures ont évidemment subi une légère compression par rapport à la version PC Ultra, mais l’usage intelligent du Ray Reconstruction permet de conserver des éclairages et des reflets sur les surfaces métalliques de Midgar qui font honneur à la machine. En mode portable, c’est là que la magie opère réellement. Sur l’écran 1080p de la console, le jeu est tout simplement éblouissant. Le contraste des couleurs, la gestion des particules lors des sorts et le niveau de détail sur le visage des protagonistes sont à couper le souffle. On est très loin des sacrifices visuels d’un The Witcher 3 sur la première Switch. Ici, les environnements sont riches, et les fameuses textures de « portes » ou de décors lointains qui faisaient polémique sur PS4 ont été corrigées pour cette version définitive. Les effets volumétriques de fumée et de lumière dans les secteurs mal famés créent une atmosphère pesante et immersive.
Bien sûr, si l’on regarde de très près, on pourra noter quelques chutes de framerate lors des invocations les plus chargées en effets spéciaux, ou un aliasing résiduel sur les chevelures des personnages dans certaines cinématiques. Mais globalement, le moteur Unreal Engine 4 a été optimisé avec une maestria remarquable par les équipes de Square Enix. Les temps de chargement, grâce au nouveau stockage UFS 3.1 de la Switch 2, sont quasi inexistants, permettant de passer d’une zone à l’autre sans casser le rythme de l’aventure. C’est une vitrine technologique pour Nintendo, prouvant que leur nouvelle console peut regarder dans les yeux les productions AAA actuelles sans rougir. Voir Cloud contempler le ciel de métal de Midgar avec une telle clarté sur un support nomade est une expérience qu’il faut vivre pour le croire. C’est incontestablement l’un des plus beaux jeux disponibles sur le catalogue de lancement élargi de la console.

Bande Sonore
La bande sonore de Final Fantasy VII Remake est, sans aucune exagération, l’une des plus grandes réussites de l’histoire du jeu vidéo moderne, et cette version Switch 2 lui rend un hommage vibrant. Sous la direction de Nobuo Uematsu, Masashi Hamauzu et Mitsuto Suzuki, les thèmes originaux ont été réarrangés avec une orchestration grandiose qui s’adapte dynamiquement à l’action. Ce qui est fascinant, c’est la manière dont la musique transite sans couture entre les phases d’exploration et les phases de combat. Un simple thème de rue peut se transformer en une version épique et rythmée dès qu’un ennemi apparaît, renforçant l’adrénaline du joueur. Sur la Switch 2, la puce audio dédiée fait un travail remarquable, offrant une spatialisation sonore de qualité, surtout si l’on utilise un casque de bonne facture ou des enceintes via le dock. Les basses lors des explosions de réacteurs sont percutantes, et les envolées lyriques du thème d’Aerith conservent toute leur puissance émotionnelle. Chaque zone possède sa propre identité sonore : le jazz relaxant du Septième Ciel, les sonorités industrielles des plateformes supérieures, ou encore les rythmes déjantés du Wall Market. Le doublage mérite qu’on s’y attarde à nouveau.
La version française est d’une qualité exceptionnelle, avec des comédiens qui habitent littéralement leurs rôles, rendant Cloud moins monolithique et Barret plus humain que jamais. Les bruitages ne sont pas en reste : le cliquetis de l’épée broyeuse dans le dos de Cloud, le vrombissement des machines de la Shinra et les cris des créatures du bestiaire sont d’une netteté cristalline. L’épisode de Yuffie apporte également son lot de nouvelles pistes aux influences japonaises traditionnelles mélangées à du jazz fusion, ce qui apporte une fraîcheur bienvenue à l’ensemble. On se surprend souvent à poser la console juste pour écouter une mélodie, tant la richesse harmonique est dense. Dans un jeu où l’émotion passe énormément par l’ambiance, la partie sonore est le ciment qui lie tous les autres éléments entre eux. C’est une partition sans fausse note qui justifie à elle seule l’utilisation d’un bon système audio. Square Enix a compris que pour un Remake de cette envergure, il fallait que nos oreilles soient aussi flattées que nos yeux, et le résultat est tout simplement magistral.

Conclusion
Pour conclure, Final Fantasy VII Remake Intergrade sur Nintendo Switch 2 est un triomphe absolu. Square Enix ne s’est pas contenté du minimum syndical pour ce portage, offrant une version qui n’a rien à envier aux consoles de salon en termes de plaisir de jeu et de confort visuel. Malgré les six années qui nous séparent de sa sortie initiale, le titre reste d’une modernité insolente, tant par son système de combat hybride parfait que par sa narration audacieuse qui continue de diviser et de passionner les foules. Cette mouture 2026 est sans aucun doute la version « ultime » pour quiconque privilégie la flexibilité : pouvoir mener des combats épiques contre la Shinra dans son salon en 4K et poursuivre l’aventure dans le train en 1080p natif est un luxe dont on ne peut plus se passer une fois goûté. L’inclusion de tous les DLC et du nouveau mode de progression simplifié en fait le package le plus complet à ce jour. Certes, le poids de 90 Go demandera un investissement dans une carte microSD de grande capacité, mais l’exploit technique force le respect. C’est le signal fort que la Switch 2 est capable d’accueillir les plus grands blockbusters sans les dénaturer. Si vous possédez la nouvelle console de Nintendo et que vous n’avez jamais fait ce voyage à Midgar, vous tenez là un indispensable. Midgar n’a jamais été aussi beau, aussi vivant, et aussi proche de nous. Un indispensable, tout simplement.

Les +
- L'Exploit Technique
- Le Confort de la Portabilité
- Système de Combat Intemporel
- Expérience Complète avec Intergrade
- Chargements Éclairs
Les -
- Poids du Jeu Conséquent, 90 go...
- Quelques concessions visuelles
- Linéarité de Midgar
- Pas de contenu inédit "2026"
