Articles

[AVIS] Watch Dogs Legion

Après un deuxième épisode qui en avait divisé plus d’un, mais qui présentait d’excellentes idées, Watch Dogs revient avec Legion, un épisode qui a bénéficié de 6 mois supplémentaires de développement par rapport à sa date de sortie initiale. Même rengaine ou renouveau de la licence ? Verdict dans notre test ! 

Exit les états-unis, c’est en europe et plus précisément à Londres que l’aventure prend part cette fois ! Vous assisterez dès le début du jeu à la chute de Dedsec. Accusée à tort d’une série d’attentats, l’organisation voit tous ses membres traqués, arrêtés ou tués jusqu’au dernier. Jusqu’au dernier ? Pas vraiment ! Evidemment il en restera un, vous ! 

Ce sera donc à vous de réactiver Bagley (le “Jarvis” de Dedsec) et de recruter de nouveaux membres pour former la résistance. Car croyez moi, elle sera nécessaire la résistance, plongée dans un climat de terreur après les attentats dont vous êtes accusés à tort, le gouvernement a décidé de confier la ville a Albion, une milice privée dirigée de main de fer par Nigel Cass

Autant vous dire qu’entre Albion, qui semble faire de l’excès de zèle son leitmotiv, l’ultra violent clan Kelley (une organisation terroriste qui a fédéré tous les anciens gangs londonien) et les différents mouvements contestataires et libertaires, le climat en ville est pour le moins explosif

Bien que le jeu ne soit pas totalement dénuée d’humour par le biais de certains de ses personnages hauts en couleursl’ambiance générale est ici plus proche de Watch Dogs 1 que de Watch Dogs 2. Les thèmes abordés sont sérieux, parfois glauques et malheureusement réalistes et actuels ! 

Nos vies sont contrôlées par des lignes de codes et le jeu n’est pas avare en documents audio sur l’intelligence artificielle, le Big Data et les multinationales qui récoltent ces données personnelles à des fins économiques d’une part, mais aussi politiques et sociales dans le fond. Le tout présenté sous la forme de Podcasts populaires immersifs par leur forme. 

Il y a énormément de clins d’oeils à notre société et le jeu pose aussi beaucoup de questions éthiques et morales sur notre manière de fonctionner, ce qui fournit un background profond, intéressant et surtout auquel on accroche bien plus que les précédents Watch Dogs !

Ces questions sont bien présentées, entre les personnes qui se méfient de l’avènement de ces technologies et l’influence sur notre vie privée, politique et économique d’une part, et de l’autre côté qui trouve toutes ces avancées modernes super pratiques et à inscrire dans l’ère du temps sans se poser de questions !  Fraudes, terrorisme, manipulations et fake news, Legion est le reflet de notre société à la manière de la série Black Mirror ! 

Watch Dogs Legion ne se concentre plus exclusivement sur un héro que vous contrôlez du début à la fin à la manière des deux premiers épisodes avec Aiden et Marcus. Pour rétablir la liberté et la vérité, le concept du jeu se base sur la possibilité d’incarner une multitude d’agents que l’on recrute comme bon nous semble, en fonction de ses caractéristiques

On peut littéralement recruter n’importe quel personnage que l’on croise, et quand une mission exige un talent bien particulier, il faudra convaincre la recrue en exécutant une mission pour lui. Après, il prendra la pilule bleue et rejoindra votre cause, une cause qui dépasse une seule personne, mais bien tout le peuple anglais. Vous n’êtes pas seuls, mais une légion. Et il faut avouer que ce système de jeu est vraiment très intéressant.

De plus, un mode multijoueur débarque en décembre, dans lequel on pourra rejoindre ses amis, s’affronter et coopérer en plus d’un mode PVP qui met en scène les drones ! Malheureusement, nous n’y avons pas eu accès. 

Le gameplay est semblable aux précédents épisodes, mais avec son lot de nouveautés, avec à chaque fois des petites nuances en fonction du personnage que l’on incarne. Si les archétypes de personnages finissent immanquablement par se répéter, ils restent tout de même assez variés

Chaque personnage aura ses propres compétences, ses propres équipements et de ce fait, se montrera plus efficace dans telles ou telles situation. Certains seront bien meilleurs dans le combat au corps à corps et seront équipé par exemple d’une batte de baseball, d’autres seront de meilleurs hackers, experts en drone pouvant télécharger et pirater plus rapidement, d’autres encore seront meilleurs en tir et équipés d’AK-47 et j’en passe ! Leurs métiers ont aussi leur importance, un policier pourra se promener sans attirer l’attention dans un commissariat, un ouvrier sur un chantier et ainsi de suite, je pense que vous avez compris le principe

Dans ce jeu donc, il n’y aura pas d’arbre de compétences, ce sera à vous de former une équipe aux talents variés et aux personnages souvent atypiques, à la rédac on a eu un petit faible pour l’espionne et sa voiture lance missile à camouflage optique ! 

Chaque PNJ croisé dans ce jeu peut devenir un personnage jouable, mais ça ne se fera pas sur un claquement de doigt, ils ont tous un emploi du temps, un métier, une vie en fait ! Ils ont aussi des “états d’âmes”, des amis, une famille et chacune de vos actions auront un impact sur la façon dont la population verra Dedsec et influeront sur la facilité ou non de recruter de nouveaux membres. Par exemple, si vous aidez un citoyen en train de se faire martyriser injustement par les soldats d’Albion, lui et son entourage auront probablement une bonne opinion sur votre organisation. Le soldat que vous aurez envoyé à l’hôpital et son entourage par contre, auront votre organisation en horreur. 

Malgré tout, rien ne sera irréversible, une personne détestant Dedsec pourra toujours changer d’avis, ce sera à vous de le pirater, de le profiler, d’étudier son emploi du temps et trouver la faille. Pour certains ce sera se débarrasser d’un bourreau, pour d’autres ce sera voler des médicaments afin de soigner un frère ou une soeur. Tout le monde a toujours besoin de quelque chose, à vous de trouver quoi. 

Il vous restera malgré tout quelques compétences à débloquer avec vos points techs comme par exemple le piratage de drone, le double saut pour l’arachnobot et autres technologies habituelles dans la franchise Watch Dogs. 

Les points techs sont des collectibles que vous pourrez trouver aux quatre coins de Londres. Ils sont parfois bien cachés, mais pas de panique ! Londres est divisée en plusieurs districts appelés ici “Borough”, vous pourrez libérer ses derniers en accomplissant des missions signatures dans ces derniers. Une fois un district libéré, le peuple aura tendance à se soulever de lui même contre les milices d’Albion, vous gagnerez un membre d’élite dans votre équipe et les points techs du district apparaîtront sur votre map.

Pour ce qui est de la difficulté, nous vous conseillons de jouer avec le mode “permadeath” activé. Le jeu n’est pas très compliqué, l’IA est à moitié aveugle lors des phases d’infiltration et a tendance à vouloir vous arrêter plutôt que vous tuer. De ce fait, elle utilise rarement ses armes à moins que vous n’utilisiez les vôtres en premier. 

Si un de vos personnages se fait arrêter ou hospitaliser, il sera indisponible pendant un certain temps (ce temps peut être réduit si vous avez un ambulancier ou un avocat dans votre équipe par exemple). 

Si par contre un de vos poulains meurt (et que la permadeath est activée) l’effet sera définitif ! On finit malgré nous par s’attacher aux gens qu’on recrute, surtout après les avoir relookés de la tête aux pieds et le risque de perte définitive de l’un d’eux à tendance à rendre les missions et conflits plus palpitants !

Niveau maniabilité, on s’habitue très vite aux phases d’infiltration, au hacking très intuitif avec les mêmes systèmes de puzzles que les précédents épisodes, ainsi que les gunfights, très classiques, mais efficaces. Les possibilités d’infiltrations sont plus poussées, avec des zones au level design plus développé qui permettent de meilleurs possibilités stratégiques pour réussir sa mission sans encombres. 

Même si passer derrière l’ennemi et l’assommer reste la voie à privilégier, utiliser un drone et lâcher une cargaison sur l’ennemi est très drôle, c’est un vrai bac à sable en termes de possibilités. De plus, des activités comme les jeux de fléchettes ou la jongle avec un ballon de foot sont au rendez-vous, des activités classiques dans ce genre de jeu, mais qui ajoutent encore plus de vie et d’immersion. Aussi, ces activités sont plutôts bien faites, on peut très vite prendre goût et s’éclater avec, même si on est loin des mini-jeux d’un Yakuza.

La conduite, en voiture, moto ou du pilotage de drones, n’est pas le point fort du jeu, c’est à la fois très arcade et peu précis, c’est un peu dommage. 

Visuellement, Watch Dogs Legion propose une direction artistique un peu plus mature, malgré la présence de décorations led RGB par-ci par-là, l’ensemble est cohérent et très réaliste pour un futur proche à vrai dire. Londres est magnifiquement modélisée et remplie de vie, entre les très nombreux passants qui vaquent à leurs occupations et les animations dans les vitrines des magasins, pubs et autres commerces qui prennent vies sous vos yeux quand vous flânez en ville. 

Les effets de lumières et des reflets sont maîtrisés et les textures très réalistes, aussi bien de jour que de nuit, ce qui est assez  rare que pour le souligner. L’animation des visages est réussie réussie dans l’ensemble, mais certains personnages n’ont pas subis le même traitement, c’est assez inégal

Avec son grand choix en vêtements et costumes, on peut vraiment customiser de la tête aux pieds nos agents, mais au niveau des voitures, même si elles sont bien modélisées, on en fait vite le tour ! L’architecture des bâtiments est vraiment excellente, on reconnait bien là la pâte d’Ubisoft et ses Assassin’s Creed, on se croirait vraiment à Londres !

 

La bande-son du jeu est aussi une franche réussite, d’une part par ce qui interpelle le plus : les doublages ! En effet, on a enfin l’impression d’avoir de vrais citadins anglais entrain de parler, dans l’anglais des rues et pas à la manière de Sherlock Holmes comme on a l’habitude d’entendre d’habitude ! 

Cela ajoute énormément d’immersion, mais c’est assez déroutant au début, même si vous n’avez pas de difficultés avec la langue de Shakespeare. Malheureusement, à l’heure du test, les doublages francophones n’étaient pas encore disponibles, nous ne pouvons donc pas vous donner notre avis sur la qualité de ces derniers. 

Autre excellente surprise, les musiques du jeu sont un vrai régal pour les plus mélomanes. Fatalement orientée british, on passe du Death Metal de Bolt Thrower, , au rock de Foals, mais aussi du rap, de l’électro et de la musique classique.  Il y en a pour tous les goûts !

Les Plus

  • La multitude d’agents et leurs spécificités
  • Un gameplay riche
  • Londres sublime !
  • Un level-design bien pensé
  • L’ambiance générale très immersive
  • Une liberté totale en mode bac à sable
  • Le mode permadeath ! (désactivable à tout moment)
  • Les excellents choix de musiques

Les Moins

  • L’IA un peu à la ramasse
  • La conduite un peu hasardeuse
  • Les animations faciales de certains personnages
  • Les prix dans la boutique Ubisoft