[AVIS] Gear.Club Unlimited 3 – Le Test

En cette année 2026, la Nintendo Switch 2 n’est plus une nouveauté. Elle a déjà prouvé, à travers des portages magistraux et des exclusivités de pointe, qu’elle pouvait tutoyer les standards de la génération actuelle. C’est dans ce contexte de maturité matérielle que déboule Gear.Club Unlimited 3. Après des années de silence de la part d’Eden Games, l’attente était réelle : allait-on enfin voir la licence s’émanciper de ses racines mobiles pour devenir le grand jeu de course arcade de la console ? Verdict dans notre test, les amis !


Scénario : Le silence gênant du Gear Club

Le mode carrière nous propose de créer le Gear Club au Japon, une académie de pilotage censée nous faire vivre l’ascension d’un champion. Sur le papier, la structure est classique et plutôt répétitive : on participe à des courses ou des contre-la-montre au Japon et en France, et on participe à des courses secondaires pour récupérer des récompenses qui permettent d’améliorer les voitures.  Cependant, l’immersion est immédiatement brisée par une réalisation narrative d’un autre âge. En 2026, il est proprement ahurissant de constater que le jeu ne propose aucun doublage. Les personnages, aux designs fixes et peu inspirés, s’expriment via des bulles de texte statiques.

Ce mutisme assourdissant transforme ce qui devrait être une aventure humaine en une corvée administrative. On lit des dialogues sans âme pour justifier l’enchaînement des courses, sans jamais ressentir la moindre tension ou rivalité. Le « scénario » n’est qu’un prétexte mal ficelé pour nous faire traverser les menus. Heureusement, le Performance Shop sauve un peu les meubles. C’est le seul endroit où l’on ressent une once de satisfaction : agencer son garage, placer ses ateliers de mécanique et voir ses bolides s’aligner a un côté « maquette » toujours aussi addictif. Mais ne nous trompons pas : on est ici dans de la gestion de menus améliorée, pas dans une narration digne d’une console de salon moderne. On traverse le Gear Club comme un fantôme dans un musée vide.

Capture d'écran nº 1


Gameplay : Une arcade rigide et punitive

Clarifions tout de suite la situation : Gear.Club 3 est un pur jeu de course arcade. Si vous espériez une once de simulation, passez votre chemin. Le problème, c’est que même en tant que jeu d’arcade, le titre manque cruellement de souplesse. La conduite est marquée par une rigidité héritée des épisodes précédents. Les voitures pivotent sur un axe central artificiel et les sensations de transfert de masse sont quasi inexistantes. Malgré l’arrivée salvatrice des gâchettes analogiques sur la Switch 2 qui permettent enfin de doser l’accélération, le moteur physique reste désespérément plat.

Le plus incompréhensible reste l’absence totale de système de flashback. Dans un jeu d’arcade en 2026, c’est un choix de design suicidaire. L’IA est d’une agressivité aveugle : elle suit ses rails, ne vous évite jamais et vous envoie dans le décor à la moindre occasion. Sans possibilité de rembobiner, une erreur provoquée par une collision injuste ou une physique capricieuse vous oblige à recommencer la course entière. C’est punitif sans être gratifiant. Pour couronner le tout, le contenu est famélique : avec seulement quelques dizaines de voitures au compteur, on fait très vite le tour du propriétaire. Pour un jeu « Unlimited », proposer un garage aussi restreint, composé presque uniquement d’hypercars inaccessibles au détriment de la diversité automobile, est une déception majeure qui bride tout plaisir de collection sur le long terme.

Capture d'écran nº 3


Graphismes : Le choc de la comparaison

C’est sur le plan technique que Gear.Club 3 subit son plus lourd revers. Lorsqu’on le compare à un titre comme Final Fantasy VII Intergrade, qui tourne magnifiquement sur la Switch 2, le constat est cruel. Le jeu est visuellement peu flatteur. Les environnements de la France et du Japon manquent cruellement de polygones et de vie. Les textures de l’asphalte et de l’herbe sont plates, et la végétation semble figée dans l’ère précédente. On est face à un jeu qui a simplement « monté sa résolution » sans améliorer ses actifs graphiques.

Le plus grave reste l’optimisation. Le jeu souffre de chutes de framerate régulières, notamment lors des courses urbaines au Japon ou dès que plus de trois voitures s’affichent à l’écran. Ces saccades sont inadmissibles pour un jeu de course, où la fluidité est le gage de la précision. Voir les néons de Tokyo ou les côtes de la French Riviera ramer en 2026 sur cette machine est une preuve flagrante du manque de soin apporté au moteur du jeu. Le clipping est également omniprésent. On a l’impression d’un jeu qui lutte contre lui-même pour simplement s’afficher, là où d’autres titres nous offrent des mondes organiques et fluides.

Capture d'écran nº 5


Bande Sonore : Une symphonie d’aspirateurs

L’aspect sonore de Gear.Club 3 est à l’image du reste : minimaliste et décevant. En l’absence de voix pour porter le mode carrière, tout repose sur les bruitages moteurs. Malheureusement, on est loin du rugissement viscéral attendu. La plupart des véhicules produisent un sifflement synthétique qui évoque davantage des appareils électroménagers que des moteurs de prestige. Le mixage est aux abonnés absents, les crissements de pneus couvrant souvent toute autre nuance mécanique.

La musique de fond est une boucle rock – électro – trap –  voir happy hardcore/eurodance générique, totalement interchangeable, qui tourne en boucle sans jamais souligner l’intensité des courses. On ne ressent aucune adrénaline sonore, aucune montée en puissance. Il n’y a pas de bruits de foule crédibles, pas de communications radio pour donner du rythme, juste un vide acoustique que l’on finit par combler en lançant sa propre playlist sur un appareil externe. Pour une licence qui met en avant des marques comme Pagani ou Bugatti, ne pas avoir travaillé l’identité sonore de ces bijoux mécaniques est une faute impardonnable qui finit d’achever l’immersion.

Capture d'écran nº 6


Conclusion : Un accident industriel évitable

Pour conclure, Gear.Club Unlimited 3 est une immense déception. Sortir un titre aussi peu abouti plusieurs années après le lancement de la Nintendo Switch 2 est une erreur stratégique et technique flagrante. Le jeu ne profite en rien de la maturité de la console, se contentant de recycler une formule arcade rigide dans un enrobage graphique qui peine à rester fluide. Avec son garage limité, son absence de flashback et sa réalisation sonore médiocre, il ne parvient jamais à justifier son statut de « nouveauté ».

Eden Games s’est reposé sur ses acquis, proposant un titre qui semble avoir dix ans de retard sur la concurrence. Si le Performance Shop conserve un certain charme, il est bien trop seul pour porter un jeu qui échoue sur presque tous les autres tableaux. À moins d’être un fan absolu de la licence ou un collectionneur très peu regardant, il est difficile de conseiller cet achat. En 2026, les joueurs méritent bien mieux qu’un jeu qui cale dès le premier rapport. Gear.Club 3 est un voyage immobile que l’on préférera oublier rapidement pour se tourner vers des titres qui respectent enfin les capacités de la machine de Nintendo.

Capture d'écran nº 7

55/100
Total Score

Les +

  • Le Performance Shop
  • Les Licences Officielles
  • Accessibilité Immédiate
  • La nostalgie que procurent tous les aspects datés du jeu

Les -

  • Technique à la traîne
  • Contenu famélique
  • Réalisation datée
  • Gameplay rigide
  • Pas de doublages