[AVIS] RIDE 6 – Le Test !

Lorsqu’on évoque la licence Ride, on pense immédiatement à cette volonté de créer un garage virtuel ultime, une sorte de sanctuaire dédié à la gloire du bitume et des cylindres hurlants. Mais pendant longtemps, la série a souffert d’une certaine froideur, d’une interface un peu trop clinique qui peinait à transmettre le frisson viscéral que l’on ressent en enfilant son cuir pour une balade dominicale. Avec Ride 6, Milestone semble avoir enfin trouvé le supplément d’âme qui lui manquait. Ce n’est plus seulement un jeu de course à deux roues, c’est une invitation au voyage, un hommage vibrant à la culture motarde sous toutes ses formes. Sans attendre, voyons ensemble si Ride 6 bats ses propres records ou dévie de la piste, les amis !

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Un voyage sensoriel au cœur du Ride Fest

Outre les éternels modes classiques de courses rapides ou le multijoueur, Ride 6 veut renouveler sa façon d’aborder la discipline en s’inspirant notamment des jeux de courses style Forza Motorsport, The Crew etc. L’introduction du Ride Fest est sans aucun doute le coup de génie de cet épisode. Fini l’enchaînement de championnats austères et linéaires. Le jeu nous projette dans une structure de festival mondiale, où la progression se fait de manière beaucoup plus organique. On voyage de continent en continent, découvrant des hubs régionaux qui célèbrent des styles de conduite bien précis, comme par exemple des épreuves exclusivement réservés à des types particuliers de motos. Ce choix de game design change tout : on n’a plus l’impression de grinder pour débloquer la prochaine moto, mais de participer à une véritable épopée mécanique. L’ambiance est plus chaleureuse, les musiques accompagnent nos préparatifs dans le garage avec une énergie nouvelle, plus électro (on y reviendra) et l’on se sent enfin acteur d’un univers vivant, et non simple spectateur d’un catalogue de constructeurs.

Autre énorme point positif, l’introduction d’un mode de conduite arcade pour les joueurs qui débutent ou qui veulent simplement profiter d’un gameplay plus abordable sans pour autant sacrifier les sensations ! En effet, même en mode de conduite arcade, le jeu propose un gameplay solide et nerveux, où la précision reste de mise, sans pour autant rentrer dans la frustration de la simulation pure. Il faut avouer que c’est maitrisé avec brio, surtout si on compare par exemple au gameplay arcade de Gears.Club Unlimited 3 dont le test arrive bientôt, et qui a clairement de quoi apprendre de Ride 6 ! Ce mode de conduite Arcade ouvre les portes à beaucoup plus de joueurs qui étaient autrefois réticents par rapport à l’aspect simulation de la franchise Ride et c’est un réel pas en avant que nous offre Milestone !

Et pour les joueurs qui souhaitent malgré tout embrasser le plaisir de la conduite type simulation, le jeu propose une école virtuelle, la Bridgestone académie, très complète et qui permet vraiment de maitriser le pilotage.

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La physique au sommet de son art

Mais un jeu de moto ne vaut que par ce qu’il transmet une fois le guidon entre les mains. Sur ce point, le système de physique « Dual Physics » est une révélation. Milestone a réussi à gommer les imprécisions des précédents opus pour offrir un ressenti d’une finesse rare. La gestion du transfert de masse est désormais la clé de tout. Sur une sportive moderne, on ressent chaque mouvement de la fourche lors d’un freinage appuyé ; on perçoit le moment précis où le pneu arrière commence à perdre son adhérence à la réaccélération.

Ce qui frappe le plus, c’est la différenciation entre les catégories. Piloter une ancienne 500cc deux-temps, caractérielle et brutale, demande une concentration de tous les instants, tandis qu’une moderne bardée d’électronique permet des trajectoires plus audacieuses. L’arrivée fracassante de l’Off-road vient encore bousculer nos certitudes. Passer du bitume parfait d’un circuit de Grand Prix à la terre meuble d’un sentier de montagne demande une réadaptation totale de nos réflexes. La glisse devient alors notre meilleure alliée, et le jeu parvient à rendre ces transitions fluides, sans jamais que la physique ne semble artificielle ou incohérente.

Un vrai plaisir d’autant plus que le jeu propose des dizaines de motos et de circuits, et promet du contenu gratuit à venir, ainsi que des mises à jour pour peaufiner le tout. Bien sûr, un season passe à une trentaine d’euros est déjà dans les starting blocs, et qui viendra gonfler la durée de vie déjà honorable du jeu avec là aussi des dizaines de motos et circuits.

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Fluide et flatteur

Visuellement, Ride 6 nous emmène sur un terrain où peu de jeux de course osent s’aventurer. L’utilisation de l’Unreal Engine 5.6 n’est pas qu’un argument marketing, c’est une réalité qui saute aux yeux à chaque virage. Les effets de lumière sont tout simplement saisissants. Imaginez une fin de journée : le soleil déclinant vient frapper les carénages, révélant la moindre rayure sur le plastique et les reflets dorés sur les bulles de protection. La météo dynamique n’est pas seulement esthétique ; elle est terrifiante de réalisme. Voir le ciel s’assombrir progressivement avant que les premières gouttes ne viennent perler sur la visière du pilote est une expérience immersive totale. Les flaques d’eau se forment de manière logique, modifiant radicalement l’adhérence et obligeant à modifier ses trajectoires en plein milieu d’une course d’endurance de 24 heures.

Le niveau de détail des motos dépasse l’entendement. On peut passer de longues minutes dans le mode photo ou dans le garage à observer les soudures d’un cadre, le grain des pneus Pirelli après quelques tours de piste, ou même la manière dont les durites de frein vibrent sous l’effet de la vitesse. C’est de l’orfèvrerie numérique qui flatte l’œil du passionné comme celui du profane. Pour les amateurs de customisation, le jeu propose un catalogue très impressionnants de vêtements et casques des plus grandes marques ! Et si ce n’est pas suffisant, un éditeur de combinaisons, casques, autocollants, mais aussi un éditeur de pistes (il faut avouer que je n’ayant pas le talent d’un designer, je n’ai pas testé cette dernière option) est là pour les aficionados !

On adore aussi les animations des motards durant les courses, la façon dont ils bougent et surtout quand il y a un accident ! Il faut avouer que c’est saisissant de réalisme. Petit bémol au niveau esthétique, les animations faciales qu’on peut observer sur les pilotes en début de courses sont assez en deçà des standards actuels !

Finalement, le HUB, ainsi que les menus ont été revus, modernisés et tout parait claire, ergonomique et intuitif ! Rien à redire là dessus, navigurer d’une course à l’autre ou d’une option à l’autre s’opèrent avec aisance et style.

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Le son : le hurlement de la passion

Pour accompagner cette débauche visuelle, Milestone a enfin revu sa copie sur la partie sonore. Trop souvent, les jeux de moto péchaient par des sons de moteurs fades et uniformes. Ride 6 corrige le tir avec brio. Chaque architecture moteur possède son propre caractère. Le hurlement strident d’une Yamaha R6 à 16 000 tours minute n’a rien à voir avec le grondement caverneux d’une Harley-Davidson préparée pour la course. Le travail sur les environnements est tout aussi impressionnant : le son résonne contre les glissières de sécurité, s’amplifie sous les tunnels et devient plus sourd lorsque l’on s’aventure en pleine forêt. La vue interne au casque, avec ses bruits de vent qui s’intensifient selon la position du pilote derrière sa bulle, est sans doute l’une des meilleures jamais réalisées dans une simulation.

Autre point très impressionnant : la Dualshock sur PS5 a profité d’un traitement incroyable en termes de sensations ! Les gachètes et les vibrations changent vraiment d’une moto à l’autre, mais aussi par rapport au terrain, le changement de vitesses etc. Cet aspect rajoute énormément d’immersion au jeu.

Pour finir, pour renforcer l’aspect Ride Fest, le jeu propose des musiques pêchues, électro tendant techno qui faut l’avouer sont plutôt de bonne facture et motive le joueur entre deux courses.

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Une conclusion en forme de consécration

Au terme de dizaines d’heures de jeu, le constat est sans appel : Ride 6 est le titre que tous les amoureux de deux-roues attendaient. Il réussit le tour de force d’être à la fois une encyclopédie technique irréprochable et un jeu de course fun, généreux et accessible. Milestone a su écouter sa communauté en ajoutant des disciplines variées, en peaufinant son moteur physique et en offrant un enrobage graphique digne de la nouvelle génération.

Ce n’est pas seulement une suite, c’est l’aboutissement d’une vision. Que l’on soit un pilote chevronné cherchant à grappiller chaque millième de seconde ou un simple amateur de belles mécaniques souhaitant rouler au coucher du soleil sur les routes de la Riviera, Ride 6 offre une liberté et une satisfaction immédiate. Le jeu s’impose désormais comme le roi incontesté de sa catégorie, une œuvre complète qui transpire la passion mécanique par tous ses pores. C’est, sans l’ombre d’un doute, le meilleur hommage jamais rendu à l’univers de la moto sur console et PC. Un chef-d’œuvre de précision qui nous rappelle, s’il en était besoin, que la route n’appartient qu’à ceux qui savent l’écouter.

Capture d'écran nº 9

90/100
Total Score

Les +

  • Les sensations de pilotage
  • Le mode de conduite Arcade rends le jeu (enfin) accessible à tous
  • Fluide et beau
  • Le sound design
  • Le Ride Fest
  • Le contenu colossal et la customisation poussée
  • La Bridgestone académie
  • Des menus revus et ergonomiques

Les -

  • Le mode simulation impitoyable pour les débutants
  • Certains temps de chargement
  • l'IA parfois un peu trop aggressive